MALTE: un trésor en Méditerranée jalousement gardé

Ancrée au cœur de la Méditerranée, Malte possède deux atouts touristiques majeurs : un ensoleillement exceptionnel, quasiment tout au long de l’année ; quantité de sites historiques concentrés sur une surface réduite. C’est en somme une destination toute trouvée pour qui veut concilier séjour détente et voyage découverte.



La République de Malte est un archipel composé de huit îles, dont quatre sont habitées : la plus vaste, Malte ; à son nord-ouest, Gozo ; et deux îlots, Comino et Manoel.
Ce pays est immanquablement associé aux chevaliers de l’ordre hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, communément appelés les chevaliers de Malte.
Arrivés en 1530, les Chevaliers vont régner sur l’archipel jusqu’à sa prise en 1798 par les troupes françaises commandées par le général Bonaparte en route vers l’Egypte. Les îles passent alors sous le drapeau de la toute jeune République française, et les chevaliers de l’Ordre en sont chassés. Durant ses deux siècles et demi de présence, l’Ordre a profondément marqué Malte de son empreinte, ne serait-ce qu’en constituant un patrimoine architectural considérable.
En 1800, la marine royale britannique, aidée par des combattants maltais, fait capituler la garnison française laissée sur place, qui s’est toute retranchée derrière les remparts de La Valette. Le Royaume-Uni prend ainsi pied sur l’archipel, et se garde bien de le restituer à qui que ce soit. Dans le traité de Paris signé avec la France en 1814, il veille à faire entériner le rattachement à son empire de cette conquête stratégique en Méditerranée.
Ce n’est qu’en 1964, soit un siècle et demi plus tard, que la longue page de la souveraineté de Londres sur les îles se tourne quand Malte obtient son indépendance. Le nouvel état devient membre du Commonwealth, et il maintient à sa tête, de façon honorifique, le monarque britannique, une allégeance à la couronne qui est définitivement rompue en 1974, à la proclamation de la république à La Valette.
Par la suite, le pays mène une politique de rapprochement avec l’Union européenne, avec des hauts et des bas en fonction de la majorité parlementaire dans l’archipel, qui débouche sur son adhésion à l’Union en 2004 et son entrée dans la zone euro en 2008.

VOL POUR MALTE

Malte possède un seul aéroport international, qui se situe à Luqa, à environ 10km de La Valette. Celui-ci est desservi par :
- Air Malta au départ de Paris (Orly et Charles de Gaulle), Marseille, Lyon et Bruxelles ;
- Transavia au départ de Paris-Orly et Nantes ;
- Volotea au départ de Bordeaux et Nice ;
- Ryanair au départ de Marseille, Toulouse et Charleroi.

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Malte en Littérature

Malta Hanina

Malta Hanina
Daniel RONDEAU
folio, Gallimard.

Ambassadeur de France à Malte pendant trois ans, l’écrivain nous emmène dans son sillage à la découverte de l’archipel. Ecrit d’une plume alerte et élégante, ce portrait de Malte oscille entre passé et présent, l’occasion de remettre en lumière les liens historiques forts qui unissent l’ancien fief des Chevaliers à la France.

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La Valette

La Valette de nuit

La Valette de nuit.
©viewingmalta.com / photo: Chen Weizhong

La Valette (Valletta en maltais), la capitale de Malte, est souvent présentée comme « une cité bâtie par des gentilshommes pour des gentilshommes ».
Quand, en 1530, les Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem prennent possession de Malte, ils ne s’installent pas à Mdina, sa capitale à l’intérieur des terres, mais à Birgu, une ville maritime construite sur un promontoire dominant ce vaste port naturel qu’est le Grand Harbour et idéalement placée entre deux baies où leur flotte peut s’abriter.
Plus élevée que Birgu et située face à elle sur le rivage opposé du Grand Harbour, la colline de Xiberras s’étend sur une partie de la péninsule du même nom, une langue de terre nue et rocailleuse. Très tôt, les chevaliers, en militaires rompus à l’art d’organiser la défense d’une position, comprennent la position stratégique de cette colline. Néanmoins, durant leurs premières années dans l’archipel, ils se refusent à y faire édifier une place forte, un projet ambitieux qui les fixerait à Malte et les éloignerait de leur rêve de reconquérir un jour leur île perdue de Rhodes, et donc ils privilégient la fortification des défenses de leur site de Birgu. Progressivement, et à mesure que leur espoir de recouvrer Rhodes s’effiloche, leur intérêt pour la colline grandit. Dès 1552, ils font bâtir à la pointe de la péninsule de Xiberras le Fort Saint-Elme, une petite construction en étoile à quatre pointes qui commande l’accès aux rades du Grand Harbour et du Marsamxett Harbour, et qui va jouer un rôle déterminant dans la bataille contre les Ottomans. Puis, en 1557, Jean Parisot de La Valette, récemment élu grand maître de l’Ordre, lance les études préliminaires à l’édification d’une ville-forteresse sur la colline de Xiberras.
Le projet prend un nouvel élan après le Grand Siège de 1565. Les Chevaliers, tout auréolés du prestige de leur victoire sur les Ottomans, reçoivent alors des souverains chrétiens et du pape un solide soutien financier, mais aussi humain : le Souverain pontife charge Francesco Laparelli, un architecte et ingénieur militaire expérimenté, de la construction de cette ville nouvelle et de ses défenses ; de son côté, le vice-roi de Sicile assure les chevaliers d’une main d’œuvre supplémentaire en renvoyant dans leur île tous les maltais sans charge de famille.
Le Fort Saint-Elme, dévasté pendant le Grand Siège, est reconstruit et, dans son prolongement, sur la colline de Xibberras qui le domine, la cité des chevaliers est édifiée. Laparelli organise la ville nouvelle selon un plan en damier, et la protège par de puissantes murailles au pied desquelles des fossés sont creusés. La première pierre est posée le 28 mars 1566, soit un peu moins de 8 mois après la fin du siège. De longs et lourds travaux de nivellement de la colline sont commencés mais une attaque ennemie prochaine étant redoutée, ils sont abandonnés, laissant ainsi les rues de la ville jouer librement aux montagnes russes.
Après le décès de Jean Parisot de La Valette en 1568, son successeur comme grand maître, Pietro Del Monte, continue le projet. Quand, en 1569, Laparelli est rappelé par le pape, le gros du chantier est déjà bien engagé et les remparts ont pris forme. Son second, le maltais Girolamo Cassar, prend le relais et va imprimer son style à la ville en concevant les édifices les plus prestigieux.
En 1571, tous les chevaliers s’y sont établis, faisant de la cité la nouvelle capitale de l’Ordre, qui prend le nom de La Valette en hommage à son grand maître bâtisseur.

Carte Ancienne de La Valette

Carte ancienne de La Valette. ©viewingmalta.com

Vue aérienne de La Valette

Vue aérienne de La Valette. ©viewingmalta.com

Le Palais du grand maître

Ce n’est qu’en 1571 que le grand maître décide la création à La Valette d’une résidence officielle pour loger les hauts dirigeants de l’Ordre. Il charge alors Girolamo Cassar de la transformation de fond en comble d’un bâtiment, conçu par l’architecte maltais lui-même, qui a été construit à l’origine pour y installer l’Auberge d’Italie. Après avoir été la demeure sans interruption des grands maîtres, puis celle des gouverneurs britanniques, le palais abrite aujourd’hui la présidence de la République de Malte
Le Palais du grand maître est un édifice imposant à un étage dont la façade austère ne laisse pas deviner toutes les splendeurs dissimulées à l’intérieur. Il est ouvert au public, cependant les heures de visite pouvant être modifiées en fonction des sessions parlementaires ou d’événements officiels de la Présidence, il est conseillé de se reporter au site web d’Heritage Malta pour connaître les horaires à jour.
Conformément aux usages architecturaux de la Renaissance, les pièces de service sont regroupées au rez-de-chaussée tandis que toutes les salles de réception occupent le premier, l’étage noble. Le visiteur y accède par un superbe escalier en spiral tout en marbre, couvert d’un plafond à caissons. Il pénètre alors dans le Corridor d’Entrée, un impressionnant couloir bordé de deux lignes d’armures régulièrement espacées, et orné d’armes et de peintures représentant des monuments de Malte.

Palais du grand maître, Corridor d'Entrée

Palais du grand maître, Corridor d'Entrée.
©viewingmalta.com / photo: Clive Vella

La salle des Tapisseries et la salle du Grand Conseil sont les plus prestigieuses du palais.
La salle des Tapisseries (ou salle du Conseil) accueillait les débats des anciens membres de l’Ordre à propos de l’administration de l’île. Aux murs, de magnifiques tapisseries des Gobelins aux couleurs encore vives bien que datant de 1697, connues sous le nom de Tentures des Indes, représentent, avec un grand souci du détail, la faune et la flore de pays exotiques.

Palais du Grand Maître, salle des Tapisseries

Palais du Grand Maître, salle des Tapisseries.
©viewingmalta.com / photo: Aaron Briffa

La salle du Grand Conseil est la pièce où le Grand Maître recevait les ambassadeurs et tous ses hôtes de marque. Elle est ceinte d’une frise, exécutée par l’artiste italien Matteo Perez d’Aleccio à la fin du XVIème siècle, qui se compose de douze panneaux sur le Grand Siège, séparés entre eux par des figures allégoriques. Chaque panneau raconte par l’image un épisode clé de cet événement majeur de l’histoire de Malte.

La co-Cathédrale Saint Jean

Saint-Jean de La Valette était l’église conventuelle des chevaliers de Malte par qui elle fut construite entre 1573 et 1577 sur les plans de l’architecte Cassar. En 1816, elle fut érigée en co-cathédrale, c'est-à-dire placée au même rang que la cathédrale existante, Saint-Paul de Mdina.
La cathédrale présente une façade sur deux étages, flanquée d’un double clocher de trois étages. C’est un édifice sévère et martial, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, en résonance avec le caractère rigoriste de l’Ordre et le rôle défensif de la jeune cité. Au XVIIème siècle, alors que l’architecture baroque s’était répandue à travers l’Europe, son style austère n’était plus dans l’air du temps. Déterminé à la hisser au rang des plus belles églises d’Europe, l’Ordre décida l’embellissement de son intérieur, qui prit l’apparence qu’on lui connait aujourd’hui, et, en 1661, il lança les travaux.

Intérieur de la co-cathédrale Saint-Jean

Intérieur de la co-cathédrale Saint-Jean.
©viewingmalta.com

Sitôt entré dans l’édifice, on est saisi par la profusion de dorures, sur les arcs, les pilastres et les hauts-reliefs muraux. L’ornementation intérieure est principalement due à Mattia Preti, un artiste calabrais, fait chevalier de Malte. Il dessina les croquis des hauts-reliefs, réalisa la décoration de la chapelle de la langue d’Aragon et, sur le plafond voûté, peignit avec finesse et un grand sens des couleurs un cycle de dix-huit épisodes sur la vie de Saint Jean-Baptiste, une œuvre immense qui lui demanda presque cinq ans de travail; certains des personnages sont subtilement représentés en trompe-l’œil, semblant, tels des reliefs, se détacher du fond des fresques.
Au sein de l’église Saint-Jean, les huit Langues de l’Ordre disposaient chacune de leur propre chapelle, consacrée à leur saint patron, où leurs membres avaient l’habitude de prier. A noter que la chapelle de France, dédiée à saint Paul, abrite les mausolées de deux grands maîtres : de Rohan et de Wignacourt ; sa décoration baroque réalisée dans les années 1660 fut grandement épurée au milieu du XIXème siècle.
Le dallage de la cathédrale est formé d’un damier de pierres tombales en marbre polychrome sur lesquelles sont délicatement gravés des blasons, des épitaphes en latin et une foison de symboles. Sous ce pavement reposent 375 serviteurs de l’Ordre dont la fine fleur des chevaliers de Malte. Quant à Jean Parisot de La Valette, le fondateur de la capitale maltaise, il est enterré dans la crypte, à côté d’autres grands maîtres.
Dans l’oratoire est exposée la Décollation de Saint Jean-Baptiste, un tableau monumental de 361 cm sur 521 cm parmi les plus célèbres du Caravage, une œuvre qui concentre tout l’art du maître.

La Décollation de saint Jean-Baptiste, par Le Caravage

Le Caravage, La Décollation de saint Jean-Baptiste (1608).
Huile sur toile 361cm x 520cm. ©viewingmalta.com / photo: Clive Vella

Le Grand Harbour

Le Grand Harbour est le port naturel en eau profonde bordé, au nord, par La Valette et sa banlieue Floriana et, au sud, en majeure partie, par les Trois Cités et Kalkara. A l’embarcadère de Sliema, plusieurs compagnies proposent des tours en bateau vers le Grand Harbour ; à bord des vedettes, les passagers ont une vue époustouflante sur les fortifications de La Valette et peuvent ensuite admirer le charmant littoral sud découpé de nombreuses criques.

Le Grand Harbour, vue panoramique

Le Grand Harbour, vue panoramique.
©viewingmalta.com / photo: Clive Vella

Les Auberges

Pour contourner le problème de la barrière de la langue entre Hospitaliers venus de contrées différentes, tous ne maîtrisant pas le latin, l’Ordre s’était organisé en groupes homogènes sur la base de l’origine géographique, appelés « Langues ». Pendant sa période maltaise, il était constitué de huit groupes, et chaque Langue possédait sa propre auberge, une résidence où ses membres tenaient leurs réunions et prenaient leurs repas en commun.
Pendant l’édification de La Valette, entre 1566 et 1571, sept auberges sont construites par l’incontournable Cassar. Deux siècles plus tard, en 1784, la Langue anglo-bavaroise, succédant à la Langue d’Angleterre mise en veilleuse depuis 1540, s’installe dans l’ancien palais Carniero, conçu en 1696 par l’architecte maltais Carlo Gimach. De ces huit auberges, il ne subsiste aujourd’hui que cinq (celle d’Allemagne ayant été démolie au XIXe siècle pour céder la place à la cathédrale anglicane Saint-Paul, et celles de France et d’Auvergne détruites pendant les combats de la seconde guerre mondiale).
Désormais hôtel du Premier Ministre, l’Auberge de Castille, la plus superbe de toutes, impressionne par sa façade remodelée en style baroque au XVIIIème siècle. Moins imposante, l’Auberge d’Aragon, qui abrite un ministère, est un bâtiment aux lignes pures, restée dans son jus, hormis son portique d’entrée datant du XIXème siècle. L’Auberge d’Italie et l’Auberge de Bavière ont aussi été converties en bâtiments institutionnels, la première en ministère et office du Tourisme, la seconde en service de gestion du domaine de l’Etat. L’Auberge de Provence quant à elle sert d’écrin au Musée national d’archéologie, lequel possède une importante collection de pièces préhistoriques retrouvées sur différents sites maltais.

L'Auberge de Castille à La Valette

L'Auberge de Castille à La Valette.
©viewingmalta.com / photo: Clive Vella

Mdina

Située dans les terres, l’ancienne capitale Mdina est une citadelle médiévale, l’une des rares en Europe à être toujours habitée, perchée sur une crête rocheuse. Du haut de ses remparts, elle offre de magnifiques points de vue sur une grande partie de l’île.

Mdina

Mdina.
©viewingmalta.com / photo: Clive Vella

Quasiment interdite à la circulation automobile, Mdina mérite bien son surnom de Cité du Silence. Il fait bon marcher dans ses rues étroites, sinueuses et ombragées à la découverte du patrimoine architectural (palais, édifices religieux dont la co-cathédrale Saint-Paul) et, par grande chaleur, à la recherche de la fraîcheur apportée par les nombreux courants d’air.

Les Trois Cités

Vittoriosa, le front de mer

Vittoriosa, le front de mer.
©viewingmalta.com / photo: Clive Vella

Les Trois Cités désignent la conurbation des villes de Vittoriosa, Senglea et Cospicua (autrefois appelées Birgu, Isla et Bormla) qui s’étendent sur deux péninsules à l’est du Grand Harbour.
A leur arrivée sur l’île en 1530, les Hospitaliers choisissent Birgu comme point de chute, à cause de sa situation avantageuse entre deux baies qui permet à leurs vaisseaux de mouiller l’ancre en toute sécurité. Ils transforment en capitale cette modeste localité juchée sur un promontoire rocheux, dressant à la hâte des fortifications, remodelant le Fort Saint-Ange qui assure la protection de la place, édifiant bâtiments administratifs, auberges et palais.

Festival de Senglea

Festival de Senglea.
©viewingmalta.com

Les Hospitaliers n’ont de cesse de renforcer leur système de défense. En 1552, sur un promontoire rocheux parallèle à celui de Birgu est construit le Fort Saint-Michel ; de 1553 à 1556, tout autour de cet ouvrage militaire, le grand maître de l’Ordre, Claude de la Sengle, fait bâtir une petite ville fortifiée qui prend le nom d’Isla, et plus tard celui de Senglea d’après le patronyme de son fondateur. En 1565, Birgu et Senglea soutiennent vaillamment, quatre mois durant, le siège imposé par les assaillants ottomans en surnombre, jusqu’à l’arrivée des renforts menés par le vice-roi de Sicile qui contraignent les assiégeants à se replier. Pour cette résistance héroïque à la redoutable armée turque, elles sont distinguées des titres respectifs de Città Vittoriosa (cité victorieuse) et Città Invicta (cité invincible).
Après le transfert de la capitale à La Valette, Birgu perd son poids politique mais garde, avec sa voisine Senglea, toute son importance stratégique. En 1670, est même mise en chantier une ligne d’épaisses fortifications dans le but de mieux défendre ces deux cités sur leur façade terrestre. Projet ambitieux décidé et financé par le grand maître Nicolas Cottoner, cette enceinte demi-circulaire à huit bastions, longue d’environ 8 kilomètres enferme une vaste zone comprenant Birgu, Senglea ainsi que les hauteurs alentour. Les travaux de construction sont rondement menés pendant dix ans, jusqu’à la disparition de Nicolas Cottoner, et là, bien qu’à un stade assez avancé, ils s’arrêtent net faute de financement supplémentaire.
Bormla est la ville littorale qui se trouve entre Birgu et Senglea. Le site est habité dès la période néolithique maltaise mais c’est bien plus tard, vers le milieu du XVIIème siècle, qu’il accueille une bourgade nommée Bormla. Grâce à son emplacement privilégié à l’abri des fortifications de Cottoner, la localité connaît une période de développement rapide, tant et si bien qu’elle gagne, en 1722, le statut de cité et, à cette occasion, est rebaptisée Cospicua (« l’Eminente »).
Pendant des siècles, les Trois Cités ont constitué un pôle d’activités portuaires et de construction navale. Au cours de la seconde guerre mondiale, parce qu’elles abritent les arsenaux de la marine britannique, elles sont une des cibles des aviations italienne et allemande qui les bombardent massivement, causant de lourdes pertes humaines et matérielles, dont la destruction irréversible de beaucoup de bâtiments datant de la période des Chevaliers. Les Trois Cités n’en conservent pas moins aujourd’hui bon nombre d’églises et de palais dignes d’intérêt et, un peu à l’écart des grands axes touristiques, elles séduisent par leur charme authentique.

Victoria

Plus verdoyante et champêtre que Malte, Gozo est la deuxième île par la taille de l’archipel. Sa « capitale » Victoria, située sur une colline en son centre, est renommée pour son imposante citadelle Il-Kastell qui domine la ville. De là, on jouit d’un splendide panorama qui embrasse toute l’île.

La Citadelle de Victoria

La Citadelle de Victoria. ©viewingmalta.com

LES CHEVALIERS DE MALTE

La Terre sainte

Fondé en 1099, l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem a vocation à accueillir et à soigner les Chrétiens en pèlerinage en Terre sainte. Progressivement, tout en gardant sa mission hospitalière, il joue un rôle militaire, d’abord purement défensif pour assurer sa protection et celle de ses hôtes, ensuite offensif pour lutter contre les Sarrasins. Ses membres sont appelés Hospitaliers ou chevaliers hospitaliers. Après la perte par les croisés de Jérusalem en 1187 puis de Saint-Jean d’Acre en 1291, l’Ordre quitte la Terre sainte pour gagner Chypre où règne déjà Henri II de Lusignan, l’ex-roi de Jérusalem et roi de Chypre.

Rhodes

La cohabitation avec Henri II de Lusignan se révélant difficile, les Hospitaliers cherchent à disposer d’un territoire à eux. En 1310, ils parviennent à leurs fins en prenant aux Byzantins Rhodes, qui devient le siège de l’Ordre. Retranchés dans leur île transformée en puissante forteresse, ils repoussent en plusieurs occasions les assauts ennemis mais cèdent finalement en 1522, malgré une résistance héroïque, devant l’armée de Soliman le Magnifique. Face à tant de bravoure, le Sultan accorde aux chevaliers de l’Ordre le droit de quitter l’île avec les honneurs de la guerre en emportant leurs armes et tous leurs biens. Suit une errance de sept ans en Méditerranée à laquelle met fin l’empereur Charles Quint en concédant à l’Ordre la souveraineté sur Malte.

Malte et l’épisode du Grand Siège

A leur arrivée à Malte en 1530, les Hospitaliers s’installent dans la cité côtière de Birgu. Le conflit pour la suprématie en Méditerranée entre l’Empire ottoman et les puissances chrétiennes persistant, l’Ordre s’attèle sans délai, dans son nouveau fief, à renforcer les fortifications existantes et à en édifier de nouvelles. D’autres ouvrages de défense sont aussi construits à proximité de Birgu : à la pointe de la péninsule lui faisant face, est élevé le Fort Saint-Elme, qui surveille l’accès à la rade de Marsamxett et au Grand Harbour, pendant que, sur la presqu’île qui lui est parallèle, est édifiée la cité fortifiée de Senglea.
Le 18 mai 1565, l’armada turque approche de l’île de Malte. En l’espace de quelques jours, les forces de Constantinople débarquent et s’organisent pour combattre les Hospitaliers retranchés derrière les remparts de Birgu, Senglea et du Fort Saint-Elme. Les Ottomans sont en écrasante supériorité numérique. A bord de leurs 180 navires se trouvent 40 000 combattants. Face à eux, 700 chevaliers, 3000 mercenaires et autant de soldats maltais sont sous les ordres du grand maître, le charismatique et indestructible Jean Parisot de la Valette, survivant du siège de Rhodes et, un temps, captif des Turcs qui l’envoyèrent aux galères.
Le redoutable corsaire Dragut, commandant en chef des forces navales ottomanes en Méditerranée, ne rejoint que 15 jours plus tard le gros de sa flotte. Entre-temps, les officiers les plus hauts en grade sur les lieux, Mustapha Pasha et l’amiral Piali, ont convenu d’attaquer en priorité le Fort Saint-Elme, parce qu’il contrarie la mise à l’abri de leurs bateaux dans les rades de Marsamxett et du Grand Harbour. Ils sont convaincus de sceller, en peu de jours, le sort de cette enceinte, qui n’est défendue que par 60 Chevaliers et quelques centaines d’hommes de troupe.
Dès le 24 mai, le Fort Saint-Elme est bombardé par l’artillerie turque, installée sur le mont Xiberras en surplomb. Le 3 juin, les janissaires entrent en action : leur progression est fulgurante jusqu’aux abords du fort, et là ils donnent l’assaut. Ils font alors face à une si vive opposition des Chevaliers qu’ils doivent se replier au bout de 5 heures d’âpres combats qui leur causent de lourdes pertes. Pendant quelques semaines, les assiégés parviennent à résister aux assauts répétés et au pilonnage continu de leurs ennemis, grâce notamment, les premiers temps, à des renforts nocturnes venus de Birgu qui reconstituent partiellement leurs rangs décimés. Le 23 juin, après 1 mois d’affrontement, les assaillants viennent à bout des opiniâtres défenseurs du Fort Saint-Elme. Dans les derniers jours de combat, Dragut est tué par un éclat d’obus. Son second, Mustapha Pasha reprend les rênes de l’armée turque, meurtrie par une saignée de 8000 hommes et la mort de son chef, et en plein doute suite aux pires difficultés rencontrées pour s’emparer d’une place considérée, de prime abord, comme aisément prenable.
Dès les premiers bateaux ennemis aperçus, le grand maître a dépêché des messagers pour solliciter l’aide de son allié le vice-roi de Sicile. Bien que celui-ci ait placé son armée sur le pied de guerre, il n’est pas entièrement décidé à intervenir et temporise, car il craint de dégarnir les défenses de son île et d’engager ses hommes dans une aventure périlleuse face à l’impressionnante flotte de Constantinople. Néanmoins, fin juin, il accède à la requête de 42 Chevaliers de Malte restés coincés en Sicile qui souhaitent rejoindre le lieu des combats, en faisant appareiller 4 bateaux, avec à leur bord 600 de ses soldats en appui. Cette force est débarquée sur l’archipel, et réussit à se faufiler à travers les lignes ennemies jusqu’à gagner Birgu. En plus de regarnir les rangs de l’armée de Jean de La Valette, ces renforts donnent de l’espoir aux assiégés, passablement démoralisés depuis la chute du Fort Saint-Elme.
Le 5 juillet, l’armée ottomane, qui s’est redéployée pour assiéger Birgu et Senglea, canonne ces deux cités. Le 15 juillet, est lancé le premier assaut. Senglea, jugée plus vulnérable que Birgu, est visée par cette attaque menée sur deux fronts, par la mer et par les terres. Les assaillants créent une brèche dans les fortifications et menacent de se répandre dans la place. Ils sont contrecarrés in extremis et n’ont d’autre issue que de reculer suite à l’entrée en action de combattants de Birgu, venus à la rescousse en empruntant une passerelle construite sur la mer entre les deux positions fortifiées de l’Ordre.
Constatant la faillite de cette tactique, l’état-major turc opte pour des bombardements à outrance, qui visent à user les ouvrages de défense adverses jusqu’à y ouvrir des brèches. Début août, la campagne de frappes commence à produire les effets recherchés. Le 2, le Fort Saint-Michel de Senglea, gravement entamé par le pilonnage, est la cible dune série d’attaques par les fantassins ottomans, toutes repoussées par les Chevaliers. Puis le 7, les assiégeants lancent une offensive tous azimuts contre Birgu et Senglea. A Birgu, cet assaut massif est contenu, non sans difficultés, par les Chevaliers. A Senglea, au contraire, les Ottomans se sont engouffrés dans plusieurs brèches ouvertes dans le Fort Saint-Michel, et sont engagés dans un féroce combat au corps à corps, tournant à leur avantage, contre les défenseurs de la cité. Alors que les assaillants sont tout près d’investir la place, ils se replient précipitamment dès la nouvelle connue de l’attaque de leur camp de base. Sur l’instant, ils ont présumé que les renforts de Sicile étaient arrivés quand, en fait, il ne s’agissait que de la cavalerie de Mdina, au centre de l’île, venue prêter main-forte aux assiégés.
Les deux semaines suivantes voient les assiégeants déployer des trésors d’ingéniosité pour s’emparer des deux places fortes de l’Ordre. Ils entreprennent des travaux de sape du bastion de Castille, situé sur la façade terrestre des fortifications de Birgu, et montent une tour de siège.
Le 18 août, Mustapha Pasha abat les deux nouvelles cartes de son jeu. Une attaque de diversion est d’abord menée sur Senglea de façon à y attirer, en renfort, une fraction des soldats de Birgu. Plus tard, est déclenchée l’explosion de la mine creusée sous le bastion de Castille ce qui effondre une partie de la muraille. Par le trou béant ainsi formé, les assaillants affluent et se jettent sur la garnison de Birgu, que le grand maître a maintenue au complet, déjouant en cela le piège tendu par son adversaire. Ailleurs sur le théâtre des combats, les Chevaliers sont aux prises avec la tour de siège. Après de multiples tentatives pour la mettre hors d’état de nuire, ils réussissent à la faucher grâce à deux boulets reliés par une chaîne qui font mouche. Plusieurs fois, les troupes turques reculent et se réorganisent pour mieux revenir à la charge. En fin de compte, cet assaut général s’étire jusqu’au 20 août et se solde, une fois de plus, par un échec des assiégeants, qui n’entrevoient pas de victoire à courte échéance, et s’imaginent déjà devoir passer l’hiver sur l’île, étant donné les risques à faire naviguer en Méditerranée des galères dès l’automne venu.
Le 25 août, la flotte mise sur pied par le vice-roi de Sicile pour secourir l’Ordre assiégé prend enfin la mer. Elle atteint Malte le 7 septembre, faisant débarquer 6 000 combattants qui, dès le lendemain, doivent livrer bataille à 9 000 soldats turcs venus les intercepter. Sans grande difficulté, les troupes fraîches du vice-roi de Sicile mettent en déroute leurs adversaires, éreintés par plus de 3 mois de combats et minés par leurs échecs. Pour éviter l’anéantissement, Mustapha Pasha ordonne la retraite et, aussitôt terminé l’embarquement de son armée décimée, il fuit définitivement l’archipel.
Le dénouement victorieux du Grand Siège assure aux Chevaliers un prestige immense dans toute la chrétienté, légitime leur présence et les enracine à Malte, parmi sa population avec laquelle ils ont enduré cette terrible épreuve.

L’expulsion de Malte

En 1798, l’armée de la République française prend Malte aux Chevaliers, et les expulse de l’archipel. L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem sort de l’Histoire en même temps qu’il quitte cette terre, car même s’il survit à cette dépossession, il ne retrouvera jamais plus son poids politique et militaire passé.

REFERENCES

Le grand guide de Malte. Collectif d’auteurs. Bibliothèque du voyageur, Gallimard.
Grand Siège de Malte, Wikipedia.


 
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