Le Musée STÄDEL de FRANCFORT

Le musée Städel de Francfort-sur-le-Main porte le nom de son fondateur qui lui légua, en 1816, sa riche collection de peintures patiemment constituée. Par la suite, grâce à de nombreuses donations et à une politique audacieuse et ambitieuse d’acquisitions, il s’est imposé comme l’un des grands musées européens. Sous le toit du bâtiment bordant la rive sud du Main, où le musée réside depuis 1878, cohabitent peintures et sculptures, ainsi qu’une collection exceptionnelle de dessins, qui emmènent les visiteurs dans une odyssée à travers sept siècles d’art occidental, de la fin du Moyen Âge à nos jours.
Le Städel expose les plus grands artistes de leur temps. Paradoxalement, son tableau-icône se trouve être l’œuvre d’un peintre assez confidentiel, Tischbein le Jeune. C’est un portrait de style néo-classique, mais quel portrait ! Goethe dans la compagne romaine est l’image restée gravée du plus célèbre des écrivains allemands, d’une certaine manière le « portrait officiel » de cet esprit universel, natif de Francfort.



L'HISTOIRE DU STÄDEL

Le musée Städel de Francfort-sur-le-Main est un établissement d’envergure internationale, possédant 3000 peintures, 600 sculptures, plus de 100000 dessins et gravures ainsi que 4000 photographies, une immense collection qui couvre sept siècles d'histoire de l’art occidental, depuis la fin du Moyen Âge jusqu’à nos jours.
Il porte le nom de son fondateur, Johann Friedrich Städel, banquier francfortois et à ses heures collectionneur d’art avisé, qui, vers la fin de ses jours, en 1815, créa par testament une fondation avec pour mission d’ouvrir dans sa ville un institut d’art accessible à tous, où serait montré le vaste ensemble de tableaux qu’il avait réunis.
A la mort de J.F. Städel, en 1816, la prestigieuse collection fut exposée en centre-ville dans la maison du défunt. Puis, en 1838, elle fut réaccrochée non loin de là dans un endroit plus spacieux, l’ancienne résidence du maître général des postes, avant de déménager, en 1878, dans un vaste bâtiment sur le Schaumainkai (quai sud du Main), conçu tout exprès pour accueillir une pinacothèque, un site que le musée n’a plus jamais quitté.
La La façade du Städel

La façade du Städel sur le Schaumainkai.
©Städel Museum

reconstition de l'accrochage de 1878

Reconstitution de l'accrochage de 1878, à l'ouverture du Musée sur le Schaumainkai.
©Städel Museum

A côté des donations, de nombreuses acquisitions, dont la plus importante, celle en 1928 de la collection des Hohenzollern-Sigmaringen, sont venues étoffer le fonds originel du Städel.
2012 est un autre jalon important dans l’histoire du musée francfortois puisque c’est l’année d’ouverture de l’extension. Pour faire la place qu’elle mérite à son importante collection d’art contemporain qui régulièrement s’enrichit, le Städel s’est doté d’une surface de 3000 m2 creusée sous le jardin, lequel a été réaménagé sous la forme d’un mini-dôme gazonné et quadrillé de hublots par où la lumière du jour vient éclairer le nouvel espace créé.

Vue du jardin et de l'arrière du bâtiment du Städel

Vue du jardin et de l'arrière du bâtiment du Städel.
©Städel Museum

LA COLLECTION DU STÄDEL

La collection du Städel est répartie en quatre départements : Dessins et Gravures, Maîtres Anciens, Art Moderne et Art Contemporain.

Dessins et Gravures

Le Département Dessins et Gravures est riche de 100 000 œuvres datant du Moyen Âge tardif à nos jours. Elles peuvent être vues lors d’expositions thématiques organisées par le Städel ou à la demande dans la Salle d’Etude.


L'Homme Debout par Antoine Watteau

Antoine Watteau, L'Homme Debout (vers 1718).
Mine de plomb et sanguine, 29cm x 18cm.
©Städel Museum / photo: U. Edelmann – ARTOTHEK.

Antoine Watteau aimait utiliser la craie pour exécuter ses études et dessins parce qu’elle permet à la fois de tracer des lignes claires et d’obtenir des effets de dégradé.
L’homme debout est une étude préparatoire au tableau les Charmes de la Vie exposé par la Wallace Collection à Londres. Celui-ci met en scène une fête galante où le personnage ici étudié, appuyé à une chaise, écoute un luthiste. C’est vraisemblablement son ami peintre Nicolas Bleughel qui a servi de modèle à Watteau pour son dessin de L’homme debout.
(D’après le texte de présentation de l’œuvre, en anglais, sur le site web du Städel).

 

Les Maîtres Anciens

hall à l'étage des Maîtres Anciens

Hall à l'étage des Maîtres Anciens.

De Van Eyck à Vermeer, en passant par Mantegna, Botticelli, Lucas Cranach le Vieux et Rembrandt, tous les Maîtres Anciens (1300-1800) donnent rendez-vous aux visiteurs, au deuxième étage du Musée.


Portrait de Simonetta Vespucci en nymphe par Botticelli

Botticelli,
Portrait de Simonetta Vespucci en nymphe (vers 1480).
Tempera et huile sur bois 82cm x 54cm.
©Städel Museum / photo: U. Edelmann – ARTOTHEK.

Epouse d’un noble florentin issu d’une famille introduite dans le cercle du pouvoir, et, dit-on, maîtresse de Julien de Médicis, Simonetta Vespucci incarne l’idéal féminin de la Renaissance. Jusqu’à sa disparition prématurée à l’âge de 23 ans, et même après, celle qu’on surnomme, en français même, «la Sans Pareille» fascine par sa beauté et inspire Botticelli et ses confrères peintres.
Botticelli peint ici un portrait idéalisé de Simonetta Vespucci. En l’habillant d’une robe qui évoque l’antiquité et en la parant d’une coiffure fabuleuse, il en fait une nymphe. Visage de profil et buste de trois quarts, la jeune femme semble se détacher du fond tout noir de la toile, à l’image du relief du camée accroché à son cou, ce qui renforce son idéalisation.

 

L'aveuglement de Samson par Rembrandt

Rembrandt, L'aveuglement de Samson (1636).
Huile sur toile 205cm x 272cm
©Städel Museum / photo: U. Edelmann – ARTOTHEK.

L'Art Moderne

L’Art moderne (1800-1945) occupe tout le premier étage du musée. Dans la salle inaugurale trône Goethe dans la compagne romaine, peint par Tischbein le Jeune en 1786, à la charnière de la période des Maîtres anciens et de celle des modernes.
Les écoles allemandes et françaises sont les mieux représentées. A un moment où les impressionnistes étaient méprisés par les musées d’outre-Rhin, le Städel a su faire preuve d’audace en se portant acquéreur de leurs œuvres. Aussi, est-il l’un des rares en Allemagne à posséder un aussi bel ensemble de tableaux de l’impressionnisme.


Goethe dans la campagne romaine par Tischbein

Tischbein le Jeune, Goethe dans la campagne romaine (1787).
Huile sur toile 164cm x 206cm
©Städel Museum / photo: U. Edelmann – ARTOTHEK.

Dans la famille de peintres Tischbein, demandez Johann Heinrich Wilhelm, dit le Jeune. Initié à la peinture par ses oncles, il réalise ses premières œuvres dans le style baroque puis, après des études à Rome, rejoint le mouvement néo-classique.
En 1786, durant son deuxième séjour dans la ville éternelle, il croise la route du déjà célèbre Goethe, parti en Italie à la rencontre du classicisme. Les deux hommes, qui ne se connaissaient jusqu’alors qu’à travers des échanges épistolaires, se lient d’amitié et partent plusieurs fois en excursion découvrir la campagne romaine et ses vestiges antiques, l’occasion pour le peintre de faire des croquis sur le vif.
A leur retour d’une escapade jusqu’à Naples, Tischbein entreprend le portrait de Goethe, une toile immense de 2 mètres de large sur 1 mètre 60 de haut, à la mesure du monument auquel il s’attaque.
Les paysages et ruines du Latium (la région de Rome) forment le décor du tableau. Les monts Albains découpent l’horizon et, à leur pied, s’élève le mausolée de Cécilia Métella. Sur la droite se dessinent les restes de l’Aqua Claudia, l’un des principaux aqueducs qui alimentaient la Rome antique en eau potable.
Au deuxième plan, Tischbein place un chapiteau corinthien ainsi qu’un bas-relief de sa pure imagination, qui évoque Iphigénie, l’héroïne d’une pièce écrite par l’auteur allemand.
Au premier plan, Goethe, représenté grandeur nature, est allongé sur un obélisque renversé. Enveloppé d’un cache-poussière crème et coiffé d’un chapeau à large rebord, il dirige son regard vers l’horizon et, l’air serein, semble méditer devant le spectacle du classicisme.
Curieusement, Tischbein peint l’auteur allemand avec deux pieds gauches, une anomalie à laquelle les historiens de l’art n’ont pas apporté d’explication convaincante.


La fin du déjeuner par Auguste Renoir

Auguste Renoir, La fin du déjeuner (1879).
Huile sur toile, 101cm x 81cm.
©Städel Museum / photo: U. Edelmann – ARTOTHEK.

Auguste Renoir portraiture trois personnages réunis dans le jardin d’un restaurant de Montmartre, autour d’un repas qui tire à sa fin. Les deux jeunes femmes au teint de porcelaine sont l’actrice Ellen Andrée, en robe claire, et probablement Marguerite Legrand, en robe noire, l’un des modèles favoris de Renoir. A leurs côtés est représenté Edmond, le frère du peintre, allumant une cigarette.
Cette œuvre appartient à la période impressionniste de Renoir, la première manière de l’artiste, caractérisée par sa façon d’estomper les contours et de multiplier les nuances par application d’innombrables petites touches les unes à côté des autres. Douceur de vivre et insouciance se dégagent de ce tableau où le temps est comme suspendu.

 
Temps libre à l'orphelinat d'Amsterdam par Max Liebermann

Max Liebermann, Temps libre à l'orphelinat d'Amsterdam (1882).
Huile sur toile 78cm x 107cm
©Städel Museum / photo: U. Edelmann – ARTOTHEK.

A ses débuts, Max Liebermann peint, dans une veine réaliste, les gens du peuple au labeur. Usant de couleurs sombres, il montre sans filtre la réalité prosaïque de ces métiers ingrats et harassants, au point que certains critiques d’art le qualifient «d’apôtre du laid».
Puis, sous l'influence de l’impressionnisme, suite à un séjour à Paris et à Barbizon, il éclaircit sa palette et donne aux effets de lumière une place centrale dans ses tableaux.
Pour exécuter Temps Libre à l’orphelinat d’Amsterdam, le peintre passe plusieurs semaines à réaliser des études dans la cour même de l’institution. Ce n’est que bien plus tard qu’il exploite, dans son atelier à Munich, cette liasse de dessins préparatoires pour créer ce tableau si paisible et lumineux. Sept seulement après sa création, l’œuvre est acquise par le Städel, qui témoigne ainsi son intérêt précoce pour l’avant-garde impressionniste.


L'Art Contemporain

Le Département d’Art contemporain (de 1945 à nos jours) réside dans le nouvel espace créé au sous-sol. Sur les 3000 m2 de ce niveau sont exposées des œuvres d’artistes clés de cette période, tels Yves Klein, Gerhard Richter et Andy Warhol (à signaler sa sérigraphie réalisée en hommage au Goethe de Tischbein).


STÄDEL : INFORMATIONS PRATIQUES

Horaires
Fermé le Lundi
Mardi, Mercredi, Samedi et Dimanche 10h00 - 18H00
Jeudi et Vendredi 10h00 - 21H00

Les horaires d’ouverture sont susceptibles d'être modifiés les jours fériés du calendrier allemand, aussi consultez les informations à jour sur le site web du Städel.

Adresse

Städel
Schaumainkai 63
60596 Francfort-sur-le-Main

UN APERÇU DE FRANCFORT

Traversé par la rivière Main, Francfort (appelé officiellement Francfort-sur-le-Main pour faire la distinction avec Francfort-sur-l’Oder) est la plus grande ville du Land de Hesse, et la cinquième d’Allemagne par sa population. La ville présente deux visages : des quartiers historiques, reconstruits après la seconde guerre mondiale, subsistent au sein d’une agglomération moderne, bâtie sur le modèle des grandes villes nord-américaines, qui déploie sa forêt de gratte-ciel, symbole de sa prospérité économique.

Gratte-ciel de Francfort

Gratte-ciel de Francfort ©escales-culturelles.com

Le cœur historique bat sur le Römerberg (« colline romaine »), la place centrale du quartier d’Altstadt (« vieille ville »), situé sur la rive nord du Main. Cette place est bordée d’élégantes demeures. Parmi elles, le Römer, un complexe de trois ravissantes maisons médiévales avec pignon à échelons, tient lieu d’hôtel de ville de Francfort depuis 1404, et il en est devenu l’édifice emblématique. De nos jours, il n’abrite plus que la salle des mariages et le registre de l’état civil de la ville. Face à lui se dresse un ensemble de coquettes maisons à colombages appelé Ostzeile.

Le Römer

Le Römer ©escales-culturelles.com

Outre le Römer, d’autres lieux d’intérêt sont à découvrir dans la vieille ville. Citons la cathédrale et le musée Goethe installé dans la maison où le célèbre auteur allemand naquit en 1749, une demeure reconstituée en 1945 selon les plans d’origine.
Sur la rive sud du Main, face à Altstadt, s’étend Sachsenhausen, le plus grand quartier de Francfort. Le quai Schaumainkai concentre la plupart des grands musées de la ville : le Städel, le Musée des Télécommunications, le Musée allemand du Cinéma, le Musée des Arts Appliqués …

ALLER A FRANCFORT

Francfort en train

La SNCF et la Deutsche Bahn assurent plusieurs liaisons quotidiennes directes entre Paris-Est et Francfort par train à grande vitesse (3h45). Au départ de Strasbourg, comptez 2h par TGV ou ICE direct, ou 2h15 avec correspondance, pour rejoindre la ville sur le Main.
Plusieurs trains à grande vitesse directs relient Bruxelles-Midi à Francfort (3h environ). Depuis Lille, il faut changer à Bruxelles-Midi pour gagner Francfort (trajet en 4h environ).
La SNCF propose également un TGV quotidien par sens qui relie Marseille Saint-Charles à Francfort en 7h45. Ce train dessert plusieurs autres gares françaises, notamment Lyon Part-Dieu (6h de trajet), Avignon TGV et Besançon TGV.

- Paris à Francfort en train ;
- Strasbourg à Francfort en train ;
- Bruxelles à Francfort en train ;
- Lille à Francfort en train ;
- Lyon à Francfort en train ;
- Marseille à Francfort en train ;
- Avignon à Francfort en train ;
- Besançon à Francfort en train.

Vol pour Francfort

Air France KLM et/ou Lufthansa assurent des vols réguliers vers l’aéroport de Francfort International au départ des plus grandes villes françaises.

 
 
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